Mon père, monsieur Martin Essome Bani né en février 1944 à Bogtanga dans le département du Nkam, de la province du Litoral au Cameroun. Devient orphélin très tôt, il perd sa mère DARA SENDJI qu'il chérissait tant, puis son père qui avait six autres femmes.
Il a huit ans quand il se retrouve à se prendre en charge tout seul. Jumeau, sa soeur jumelle MAKOUABA décède aussi alors qu'il n'est qu'un adolescent, la vie n'est pas du tout tendre avec lui, mais il garde sa force à affronter les épreuves et à aller de l'avant.
A huit ans déjà, il a entrepris un voyage longt et périlleux en pirogue,caché dans une horde de voyageurs adultes. C'est son oncle DIPBOM, le mari de sa tante (soeur de sa mère) qui l'avait recueilli après la mort de sa mère qui l'aide à faire ce voyage. Sa tante avait préparé un petit colis ; Bobolos, Miodos, Moutoubas (tous issus du manioc trempé) Koki, Moukono etc...
Tous cela bien emballé dans de très vieux pagnes, étouffant leurs odeurs pour pas attirer la convoitise des autres voyageurs et de se le faire arracher. Ils doivent traverser le fleuve Nkam qui est rempli de superstitions.
Pendant les quelques esquales du voyage mon père devra se cacher pour s'alimenter et faire très attention, il n'est qu'un gamin de huit ans au millieux d'adultes, qui a été recommandé au chauffeur de la pirogue par son oncle.
Mon père arrive tout de même à bon port, dans la grande ville de Douala, la ville des blancs comme on l'appelait à l'époque.

Mon père ici avec sa belle fille, est donc arrivé à Douala dans les années 1952, débarqué dans cette grande ville juste avant l'indépendence du Cameroun en Janvier 1960.
A Douala dans ces années là, plusieurs oportunités s'offraient à lui; aussi est-il passé par tout les petits boulots pour gagner sa vie.
Jusqu'à ce qu'il rencontre le fils d'un diplomate congolais artiste peintre, pour qui dans un premier temps il va vendre les tableaux avec un franc succès, il ne tardera pas à être son meilleur vendeur d'oeuvres d'arts. l'artiste conolais le prendra sous son aile, mon père devienra son poulin !
Celui-ci finira par lui transmettre son talent artistique, parce que mon père lui aura démontré son intéret grandissant pour l'art. C'est ainsi que mon père s'y met avec beaucoup de sérieux et devient plustard un artiste confirmé.
C'est avec ce métier d'art que mon père gagne sa vie, et a pu se marié à vingt cinq ans, avec sa chère femme, ma chère mère, Anne Essome Bani,.s'est fait construire une maison, et nous a envoyé à l'école; ses quatre enfants.
Je tiens à le louer pour avoir tenu bon dans ce domaine artistique, et de me l'avoir transmit, les gènes y étant aussi pour beaucoup, ce goût à l'art qui ne me quitte plus...